Maison de retraite VS urgences...

Publié le par lauriane-ide

Mes deux activités du moment m'ont ouvert les yeux sur un phénomène étrange mais pourtant compréhensible, à savoir le manque de communication, de tolérance et de compréhension entre les infirmières des structures pour personnes âgées et les infirmières du service des urgences. Bien-sûr, dans tout cet article, je vais exposer des faits et des phrases mais je ne fais pas une généralité des pratiques et des comportements...

En effet, depuis un an et demi, je travaille environ un week-end sur trois dans une structure accueillant des personnes âgées dépendantes ou non, démentes ou non. Quand je suis arrivée dans cette formation, j'étais malade à l'idée d'être obligée de faire des stages en contact avec les personnes âgées. Cela s'est révélé être le premier stage de ma scolarité et il s'est très bien passé même si j'ai toujours beaucoup de mal avec les personnes démentes. J'ai appris beaucoup de choses et à la fin de ce stage, j'ai accepté l'offre d'emploi qui m'était proposée.
Quant aux urgences je les ai découvertes il y a deux semaines. Un milieu très intéressant où l'on accueille tous les âges et toutes les pathologies. La prise en charge est bien plus humaine que je m'y attendais et à part les jours de grande urgence où le rythme est effrené, les infirmières considèrent les patients comme des humains en quête de soins et d'aide et non pas comme des dossiers !

Alors pourquoi maison de retraite VS urgences ? Tout simplement car beaucoup de personnes âgées arrivent aux urgences pour le motif "chute". Les infirmières aux urgences jugent très négativement la prise en charge des personnes âgées dans ces structures et ne comprennent pas pourquoi il y a tant de chutes. Selon elles, les personnes âgées devraient être attachées, "contentionnées" pour éviter ça. Mais le feraient-elles vraiment si elles travaillaient là-bas ?...
De l'autre côté de l'affaire, les infirmières en structures sont déjà très peu nombreuses. Dans la structure où je travaille, le week-end il y a une infirmière en horaires coupés pour environ 70 personnes. Les aides-soignantes, il y en a un peu plus mais elles ne peuvent pas être dans toutes les chambres en même temps. Attacher les personnes âgées ? Ce n'est pas ce qu'elles souhaitent pour ces personnes respectables qui seraient réduites à des objets.

Une question se pose alors : à 80, 90 voire même 100 ans, si vous ne tenez plus beaucoup sur vos jambes mais qu'après avoir appuyé sur la sonnette pendant 5 minutes sans avoir vu personne arriver, vous sentez que votre vessie va vous lâcher mais que vous avez toute votre tête et aucune envie de vous faire dessus... Est-ce que vous essayeriez de vous lever pour aller aux toilettes qui ne sont finalement qu'à quelques mètres en essayant de vous accrocher aux meubles et aux portes ou vous feriez-vous la petite voire la grosse commission dessus ?

Les personnes qui n'ont plus la force physique ne sont pas forcément démentes et peuvent avoir leur dignité, peuvent avoir envie d'essayer une nouvelle fois de marcher pour voir si ça ne serait pas revenu. Serions-nous humains de les attacher ? Nous serions humains à être plus nombreux à les prendre en charge...
Pour les personnes démentes, cela n'est pas plus incompréhensible car elles peuvent se lever en croyant qu'elle marchent toujours et tomber...

Une chose que je retiens, c'est que les liens entre ces deux services, il devrait y avoir plus de communication et moins de jugements. Les stages que nous faisons partout, dans toutes ces structures, ne doivent pas nous faire oublier les difficultés relatives à chaque milieu. Par contre, il serait intelligent que nous trouvions des solutions humaines pour protéger les personnes les plus fragiles... Avis à la population !

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muriel 18/08/2009 13:17

Pas facile en effet de trouver le juste milieu, entre protéger ses propres interêts (gerer sa fatigue son stress sa vie perso mais aussi ses certitudes et le vision de son metier ) et l'interêt général ... Pas toujours facile de se tenir informé et de se remettre en question, de décloisonner les "spécialités" et de mettre en place un système l'interaction a sa place , et ou du coup le patient est consideré dans son unicité en toute integrité...manque de moyens, de formations et d'informations, mais tu as raison , ce sont les petits pointages du doigt, les questionnements qui font évoluer la conscience générale .