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J'ai fait mon premier pansement de brûlures...
Olivier, mon cadre, m'a demandé un soir de passer dans le secteur de chirurgie afin d'aider une infirmière déjà présente à faire un pansement de brûlure au niveau du ventre, du bras et de la cuisse d'une jeune femme d'une vingtaine d'années. Cette initiation, faite par une infirmière plus expérimentée, allait ainsi me permettre d'aider mes collègues de "devant" mais également me montrer comment effectuer ce genre de pansement très spécifiques.
En marchant dans le couloir pour me rendre au box de cette jeune femme, je me faisais des films sur ce que j'allais voir.
J'imaginais une odeur très forte car on m'avait raconté lors d'un stage précédent que les brûlures pouvaient dégager une odeur difficile à supporter. J'imaginais la douleur indicible que devait ressentir cette patiente malgré les antalgiques déjà certainement mis en place. J'imaginais une scène de pleurs de cette jeune femme se rendant compte de sa blessure, importante en terme de soins à venir et de surface touchée, mais aussi des cicatrices qu'elle pourrait avoir malgré les meilleurs soins.
Quand je suis arrivée dans le box, l'ambiance était finalement beaucoup plus détendue que je ne l'avais imaginée. La jeune femme respirait dans un masque du kalinox ou MEOPA, ce fameux gaz hilarant qui permet d'atténuer les douleurs. Elle n'était absolument pas douloureuse et avait même un sourire aux lèvres. Je me suis alors dit que la brûlure devait être beaucoup plus petite que je le pensais. Le bras était déjà soigné et un bandage le recouvrait. Et quand j'ai soulevé la couverture de survie au niveau du ventre, ça m'a semblé moins grave que dans mes pensées même si je savais que ça l'était tout de même.
J'ai effectué le pansement avec les conseils de l'infirmière présente en essayant d'être douce pour ne pas blesser la patiente. Pendant ce soin, nous avons parlé avec la patiente qui a raconté sa mésaventure. Comme souvent, il s'agissait d'un accident domestique. C'est l'eau bouillante des petits pois qu'elle faisait cuire pour son riz cantonais qui l'a brûlée. Moi qui adore le riz cantonais, je lui ai promis de penser à elle la prochaine fois que je mangerai un riz cantonais !
Finalement, le choc de sa brûlure n'est venu que le lendemain. Ma collègue qui la prenait en charge le lendemain matin, m'a racontée qu'elle avait été très choquée de voir ses brûlures lors de la réfection des pansements. Elle est retournée chez elle avec une convocation en chirurgie plastique mais sans aide pour surmonter le traumatisme. J'espère qu'elle s'en remettra le mieux possible et que nos soins auront permis une cicatrisation la plus efficace possible !
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