Lundi 30 mai 2011 1 30 /05 /Mai /2011 20:49

 

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J'adore cette chanson, je ne sais pas pour vous mais moi j'adore ! C'est une des plus belles chansons françaises... Dommage qu'elle n'ait pas été chantée par Brel (je ne suis pas fan du tout de Claude François, mais après, chacun ses goûts...).Bref, je n'écris pas un nouvel article pour parler chanson mais pour parler des habitudes dans le travail. J'ai choisi d'aller travailler aux urgences en partie pour échapper à une certaine routine. Moi qui apprécie tant la routine agréable de ma vie privée, je ne peux pas la supporter dans ma vie professionnelle. Je ne pourrais pas apprécier autant mon métier si je savais exactement ce qui m'attend le lendemain, si je suivais mes patients depuis plusieurs jours déjà, voire plusieurs semaines.

S'il y a bien quelque chose que j'ai remarqué depuis que je suis infirmière (ça me fait toujours bizarre de me dire que ça y est je suis infirmière !) aux urgences, c'est qu'il n'y a pas un jour qui ressemble à l'autre. D'un jour à l'autre, et même d'une heure à l'autre, l'activité peut être complètement modifiée.

Toutefois, malgré le fait que nous ne puissions savoir s'il va y avoir beaucoup de travail ou pas, j'ai remarqué une certaine loi des séries. Et oui, même aux urgences, il peut y avoir une certaine "routine" tout à fait limitée. Quand j'ai commencé à travailler je me suis rendue compte que beaucoup de patients (que des hommes, je tiens à le préciser) arrrivaient aux urgences pour chute d'échelle, tout ça car ils grimpaient dans les cerisiers pour faire les gourmands ! C'est pas beau la gourmandise !!! Il y a eu une période de chutes mécaniques, c'est à dire des chutes sans malaise, souvent des dames âgées. Les chutes mécaniques restent tout de même un motif important de consultations aux urgences... Enfin, il y a eu quelques jours où les gens arrivaient pour difficultés respiratoires, mais aussi pour suspicion d'embolie pulmonaire ou plein d'autres pathologies plus ou moins graves. On remarque que le dimanche après-midi, beaucoup de jeunes hommes arrivent parce qu'ils se sont blessés au football ou parce qu'ils ont essayé de bricoler sans succès. Bientôt ce sera l'époque des barbecues et des insolations. Mais avant il y aura la fin de l'année scolaire avec toutes les fêtes étudiantes et la fête de la musique et le lot de buveurs invétérés qui va avec !

Voilà, on remarque que même si les jours se suivent et ne se ressemblent pas, les pathologies, elles, connaissent une loi des séries...

 

Par lauriane-ide - Publié dans : Anecdotes - Communauté : Le monde bouge !
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Jeudi 26 mai 2011 4 26 /05 /Mai /2011 10:49

Le jour tant attendu pendant ces derniers mois est enfin arrivé ! Quand j'étais petite, j'attendais Noël avec une réelle impatience et finalement ce n'était qu'une fois par an. Une fois passé, il fallait à nouveau patienter pendant 12 mois qui semblaient être une éternité ! Maintenant que je suis "grande", c'est Noël tous les 25 du mois. L'avantage c'est que ça revient tous les mois.

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Même si mon premier salaire va être vite placé et dépensé, il m'a fait beaucoup de bien. Peut-être parce que depuis quelques mois, je n'en pouvais plus de dépendre de mon chéri pour beaucoup de petits plaisirs. Maintenant je peux lui rendre la monnaie de sa pièce ! ;-) Je vais pouvoir avoir une réserve d'argent afin de pallier les imprévus. Je vais pouvoir économiser pour notre mariage qui aura lieu dans moins d'un an maintenant et pour l'achat d'une future maison dans deux ou trois ans. Je vais pouvoir faire des cadeaux à ceux que j'aime et qui m'ont aidée à vivre mes années d'études le mieux possible.

Finalement, ce premier salaire m'a donné beaucoup de joie mais je dois avouer que ma plus grande joie va être de le voir revenir tous les mois. En effet, j'avais déjà eu des salaires au dessus de 1000€ plusieurs mois de suite quand j'avais travaillé pendant mes étés entre mes années de médecine. Mais là, déjà, mon salaire dépasse les 1500€ (on ne joue plus dans la même cour !) et en plus il va se répéter : c'est la fête ! Alors ça y est, je suis riche ! ;-)

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Mercredi 25 mai 2011 3 25 /05 /Mai /2011 10:14

Dans tous les stages que j'avais effectués pendant mes 3 années d'école, j'avais repéré des fonctionnements d'équipe très différents et des accueils plus ou moins chaleureux aussi bien des stagiaires que des nouvelles infirmières. Certains services m'ont même marquée soit très positivement, soit très négativement. Bref, je savais dans quelle équipe je ne voulais pas aller travailler et quelle équipe m'attirait.

Les urgences était un des services qui m'avait beaucoup plu notamment en regard de l'accueil que l'équipe m'avait offert. Je dis bien "offert" car j'étais passée par un autre service, très peu de temps avant, qui m'avait beaucoup déplu. Déjà, j'avais été accueilli par un cadre génial (mon cadre aujourd'hui) qui avait pris la matinée entière pour nous présenter l'équipe, le service, les probables difficultés que j'aurais à gérer. Il m'avais offert son soutien en cas de prise en charge difficile. Bref, c'est un cadre génial (et je crois même que c'est unanimement reconnu par l'équipe infirmière, ce qui est rare !). Ensuite, l'équipe m'avait accueillie très simplement en me transmettant ses savoirs, ses connaissances et ses difficultés (avec éventuellement ses solutions pour y remédier). C'était un stage dont j'avais eu du mal, beaucoup de mal à partir. C'est peut-être pour ça que j'y suis revenue !

Alors, peut-être que l'accueil en tant que que nouvelle diplômée aurait pu être différent mais finalement j'ai retrouvé cette envie chaleureuse de faire que tout se passe pour le mieux. Les anciennes comme les nouvelles de quelques mois seulement nous ont proposées leur aide et ce n'était pas qu'une proposition. Nous avons été doublé par de très bonnes infirmières qui nous ont prodiguées des conseils avisés. Et maintenant que nous sommes "seules" à l'UHCD, il n'est pas rare de voir passer les autres infirmières, qui sont dans les secteurs devant, juste pour savoir si tout va bien, si nous avons besoin de quelque chose. C'est vraiment génial de se sentir portée comme ça par une équipe. Et le cadre ne déroge pas à la règle d'esprit d'équipe car c'est lui qui l'a instaurée alors il passe régulièrement nous voir lui aussi et règle nos petits problèmes.

http://www.azureva-vacances.com/var/plain_site/storage/images/media/images/seminaires-photos-activites/esprit-d-equipe-1/2065482-1-fre-FR/Esprit-d-equipe-1_home_en_avant.jpg

Ce sont vraiment de merveilleux soutiens et je pense que pour un premier poste, c'est du luxe ! Et je sais que je vais vraiment m'y plaire pendant tout l'été. Peut-être que je n'aurais plus très envie de partir !!!

Par lauriane-ide - Publié dans : Anecdotes - Communauté : santé-medecine
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Mardi 24 mai 2011 2 24 /05 /Mai /2011 10:49

Hier je suis allée au travail plutôt sereinement même si je savais que c'était le jour ! Le jour où je n'étais plus doublée par une autre infirmière, le jour où je volais enfin de mes propres ailes. Mes deux semaines de doublure s'étaient très bien passées, j'arrivais à gérer le travail même si celui ci fluctue beaucoup dans une même journée aux urgences.

Mais hier : boum ba da boum ! Une catastrophe !

La journée a commencé avec 4 patients, et les 4 patients sont tous partis en 2 heures pour être remplacés par 6 nouveaux patients dont le dernier est arrivé vers 19H30. Rien que ça, c'est déjà beaucoup de travail. Mais s'il n'y avait eu que ça, je pense que j'aurais géré la crise... Les arrivées sont plus faciles à gérer que les départs selon moi car quand ils arrivent à l'UHCD (Unité d'Hospitalisation des Urgences), ils sont déjà connus des secteurs de consultation des urgences dont les traitements sont en général mis en route, le patient est déjà connu, les constantes sont souvent prises par les filles de devant. Nous n'avons qu'à "l'accueillir" et gérer ce qu'il y a à gérer.

Le souci numéro 2 fut un acte médical réalisé dans une autre chambre. Vu que ma collègue et moi n'avions jamais vu cet acte et donc jamais aidé les médecins à réaliser cet acte, nous y sommes allées avec l'aide d'un infirmier de salle de réveil des urgences qui nous a tout expliqué et ça a pris au moins 30 à 45 minutes, voire peut-être une heure...

Le souci numéro 3 fut que les traitements étaient prescrits en général au moment où j'étais déjà avec eux, ce qui m'a fait faire un nombre considérable de pas en plus. En général, l'organisation veut que nous regardions notre écran (où toutes nos prescriptions sont visibles) avant de partir faire le tour de nos patients. Mais là, avant de partir, je n'avais rien et quand j'arrivais dans les chambres, il y a avait des nouveautés alors je repartais et je revenais...

Souci numéro 4 : j'avais oublié ma clé de cadenas de casier. J'avais des tenues au dessus donc je n'ai pas fait ma journée en robe mais par contre, mes chaussures (mes fameuses Crocs roses) étaient dans mon casier !!!! AHHHHHH ! Donc j'ai fait ma journée en petites tongs chics. Sur le coup, ça ne fut pas trop difficiles mais hier soir en m'arrêtant, j'avais l'impression de faire une phlébite à chaque jambe tellement je souffrais et que mes jamabes étaient dures comme du bois. Ce matin, j'ai mal au dos et je pense en connaître la raison !

Souci numéro 5 et quel souci : une petite dame un peu perdue avait arraché sa perfusion. Au moment d'aller lui reposer, elle a beaucoup de mal à respirer, sa saturation en oxygène est très basse et sa tension élevée. Bref, elle faisait un OAP (un oedème aigu du poumon). J'ai eu à gérer 3 urgences lorsque j'étais encore élève et à chaque fois c'était un OAP. Certains sont des aspirateurs à arrêt cardiaque, moi je suis un aspirateur à OAP. J'ai appelé le médecin et nous avons géré ensemble cette phase aigue. Quand ça allait mieux, je suis partie de la chambre pour faire d'autres choses mais 5 minutes après, à l'heure où les transmissions avec l'équipe de nuit devait se faire, on m'a appelé parce qu'elle avait encore arraché sa perfusion. Il y avait du sang partout, jusque dans le saturomètre. Une véritable horreur. La petite dame commençait un peu à s'agiter et à vouloir descendre du lit.

J'ai laissé mon service dans ces conditions et je n'étais pas fière de moi. Même si je ne pense pas avoir fait d'erreur, je sais que pour une première journée sans doublure, ça a été très difficile et je suis rentrée chez moi de très mauvaise humeur, très déçue de moi et la tête basse... J'espère que ça sera mieux aujourd'hui !

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Lundi 16 mai 2011 1 16 /05 /Mai /2011 13:36

Aussi appelé "Carnet du Jour", cette partie du journal est peut-être une des plus lues dans le milieu soignant. Non pas que les soignants ne portent pas un oeil sur l'actualité dans le monde, en France ou également dans la région. Non, ce n'est pas ça le problème. Notre problème en tant que soignant, c'est de voir passer beaucoup de gens, qui vont parfois plutôt bien (heureusement que nos patients ne sont pas tous à l'article de la mort) ou parfois plutôt mal. Une chose est sûre, c'est que les gens ne font que "passer entre nos mains" mais restent parfois plus longtemps dans nos têtes. Certains patients nous touchent plus que d'autres, certains nous marquent pour des raisons très variées.

http://www.journallephare.org/upload/photo/deces.jpg

C'est peut-être parce que nous sommes parfois frustrés de ne pas savoir ce que nos patients sont devenus que nous lisons beaucoup cette page funeste. Finalement, et même si cela peut paraître macabre, c'est notre méthode pour avoir des nouvelles de nos patients. Et je pense que beaucoup de mes collègues seront d'accord avec moi.

C'est pour cela que tant que je n'ai pas lu la page "Carnet du Jour" d'un journal, je ne le jette pas. Et vendredi soir, nous sommes allés au cinéma (avec mon doudou), nous avons récupéré Le Courrier de l'Ouest (mon journal préféré) distribué gratuitement dans ce cinéma (comme cela était le cas dans mon école). Et ce matin, j'ai enfin pu lire cette fameuse page. Là, j'ai été très triste. Et oui, les soignants ne sont pas sans coeur, ni habitués à la mort.

Un des patients que j'ai soigné pendant les 4 semaines du stage où j'ai passé mon diplôme est décédé jeudi. C'était un patient de 75 ans, avec qui j'ai beaucoup parlé, beaucoup ri, beaucoup soigné. Il était plutôt en forme au début de mon stage puis s'était très vite dégradé, si bien qu'on avait cru à une fin de vie. Finalement, grâce à un médicament parfois à la limite du miracle, il avait récupéré. Quand je suis partie de mon stage, il allait beaucoup mieux même si on imaginait bien qu'il y avait une cause très agressive à cet état de santé, sûrement une maladie du sang.

J'avais vraiment créé une relation très particulière avec ce patient qui m'a beaucoup rassuré à l'arrivée de l'épreuve de mon diplôme. Il avait une fille infirmière alors connaissait bien le milieu et m'a fait des compliments qui m'ont permis d'avoir davantage confiance en moi. Il m'avait même invitée chez lui pour lui communiquer les résultats du diplôme. Et le dernier jour de mon stage, il m'avait offert un brin de muguet, ma fleur préférée, que sa femme avait ramené de chez lui.

Alors aujourd'hui, j'ai eu de ses nouvelles, aussi mauvaises soient-elles, et je suis triste que ce monsieur ait succombé à un cancer, une maladie du sang très agressive (je le sais grâce au petit mot dans l'annonce demandant des dons pour la ligue contre le cancer). Et même si j'ai accompagné un certain nombre de patients vers la fin de la vie, même si ce n'est pas le premier nom d'un patient connu que je vois sur cette page, je n'ai pas pu m'empêcher de verser une larme...

Par lauriane-ide - Publié dans : Anecdotes - Communauté : santé-medecine
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